CULTURE

Iran : Ode à la transgression juvénile

mg_346054654-683x1024

L’Iran. Ce pays qui vit sous le joug d’une société théocratique nourrie par l’hypocrisie nous offre désormais un visage neuf, renouvelé par une jeunesse qui ne demande qu’une chose : s’affranchir des codes imposés par le régime.

En pleine quête de liberté, la jeunesse iranienne veut rompre avec la tradition et recroquer enfin la vie à pleine dent. Dans un pays ou vivre devient un combat du quotidien, ces jeunes refusent la résignation. Leur arme ? La mode. Ils l’utilisent comme un moyen d’expression et d’émancipation.

Même si l’Iran commence à peine à sortir de l’emprise théocratique, la transition démocratique peine encore à se mettre en place. Les mentalités restent très fortement empreintes du dogme religieux. Internet devient alors un défouloir, un lieu de bataille, où chaque photo postée prend la forme d’une résistance. Alors que le gouvernement s’immisce au cœur même de la vie privée de ses citoyens en leur imposant un code vestimentaire qui est en réalité l’illustration même d’une politique liberticide, certains choisissent de s’y opposer en partageant des looks qui vont à l’encontre des principes imposés par le régime. Ce dernier oblige les femmes à se couvrir la tête, les bras, les jambes, la poitrine …

desktop6 

S’émanciper ? Oui, mais avec style !

Ainsi, des jeunes femmes dévoilent des looks extrêmement bien élaborés et à la pointe des dernières tendances. Désormais, la remise en cause du diktat vestimentaire se fait par le biais d’une photo avec des vêtements fortement occidentalisés avec des touches orientalisantes. Cette « fashion révolution » entend évidemment casser l’image de la femme iranienne classique. La femme iranienne est avant tout une femme qui ose ! Quitte à payer cher le prix de cette transgression quand on connaît la brutalité de la répression dans ce pays.

Shinrin NESHAT, la voix de l’espoir pour la lutte des femmes iraniennes

 Cette forme de résistance quasi politique face aux dictatures et à l’intégrisme religieux, c’est Shirin Neshat qui l’illustre le mieux ! J’ai découvert cette merveilleuse artiste iranienne dans le film Women without men (2011) qui met en scène le destin de quatre femmes (Ah les femmes, toujours les femmes !) en quête d’indépendance avec comme arrière plan le coup d’Etat de la CIA en Iran en 1953. Usant de son génie, elle lève le voile (c’est le cas de le dire) sur la génération actuelle de femmes iraniennes. Visages nus, elles portent en elles l’espoir de l’Iran. En s’intéressant de plus près à son parcours, on y découvre une artiste hantée par l’univers perse : face à un corps très souvent condamné au mutisme, une calligraphie (symbole même de la poésie perse) vient se dessiner sur les visages de femmes. Shirin Neshat donne enfin la parole à ces femmes avec une subtilité affirmée.

Je m’arrête là, et je vous laisse enfin découvrir son travail.

 

 desktop7 rebellious-silent
599a46442fc1755edd7cfc55af6ddc33

14658256_10210854826546172_1685428185_n
LIFESTYLE

Sakina

Sakina, belle avec sa chevelure d’un noir ébène
Femme de mes nuits, déesse au regard triste
Portant fièrement un rouge à lèvres éclatant,
Buvant son verre de vin frôlant l’ivresse avec délicatesse
Dansant sur un rythme qui n’est pas le sien
Assise au fond, loin de tous, tu ressasses tes pensées
Parfois euphorique, parfois mélancolique, d’où viens-tu Sakina ?
Ces nuits, perdue dans un restaurant à Naples, Prague, Paris…
Te souviens-tu de ces bars d’Alger ?

Lire la suite